Les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee – 13 janvier 2026) sont sans appel. En 2025, les naissances en France, au nombre de 645 000, étaient en baisse de 2,1 % par rapport à 2024.
Dans le même temps, le nombre de décès s’est élevé à 651000, soit une progression de 1,5 % par rapport à 2024. Résultat : un solde naturel négatif de -6.000. Une première depuis 1945 !

Avant d’évoquer les conséquences prévisibles du phénomène, d’autres chiffres sont à prendre en compte. Tout d’abord, l’espérance de vie a, elle aussi, atteint un niveau historique, avec 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes.
Ensuite, les personnes de 65 ans et plus sont désormais aussi nombreuses que celles de moins de 20 ans.

En 2006, les seniors et plus représentaient 16,4 % de la population, contre 25,1 % pour les moins de 20 ans. En 2025, le rapport est passé à 22,2 % pour 22,5%.
Cette accélération du vieillissement de la population se mesure aussi au fait qu’en dix ans, les 75 ans et plus sont passés de 8,2 % de la population à 11,1 %.
Bref, le constat est net : en matière démographique la France s’enfonce dans le marasme.
Quel impact sur notre modèle social ?
Le système de protection sociale français a été bâti au sortir de la Seconde guerre mondiale, alors que la population française était jeune et dopée par les naissances du baby-boom. Jusqu’à une époque assez récente, le taux de fécondité de notre pays tirait l’économie nationale vers le haut, la France se distinguant dans ce domaine parmi ses voisins européens.

Mais la dégradation démographique remet en question aujourd’hui les équilibres financiers de l’État providence. Moins de jeunes et plus de vieux, c’est moins de population active, donc moins de cotisations sociales et plus de dépenses de protection pour faire face aux besoins liés à la vieillesse et à la santé, deux secteurs qui consomment aujourd’hui près de 50 % des prestations sociales versées par l’État.
Les retraites sont emblématiques de ce déséquilibre croissant : selon un rapport de l’Assemblée nationale, si on comptait encore près de 2,5 cotisants pour un retraité en 2021, ce ratio pourrait tomber à 1,4 % d’ici 2040. Malgré les tentatives de réformes successives de notre système de retraite, celui-ci est donc toujours fortement menacé.
Que faire ?
Si tant est que les gouvernements à venir prennent des mesures efficaces pour tenter d’inverser une tendance démographique très défavorable, il faudra attendre plusieurs années pour que les effets des politiques publiques de « re-natalité » et de rééquilibrage des retraites fassent effet. Ceux d’entre nous qui sont légitimement inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants, vont donc devoir prendre en main leur protection sociale.
Des solutions existent. En matière de retraite, avec les possibilités qu’offre le Plan d’Épargne Retraite, mais aussi en matière de santé, avec la protection qu’amènent les complémentaires santé.
Face aux incertitudes des politiques publiques, la responsabilisation individuelle est plus que jamais de rigueur !
Anticiper (aussi) la « grande transmission »
Autre effet du vieillissement de la population, la disparition programmée des enfants du baby-boom, dont les plus âgés ont atteint 80 ans en 2025, va entraîner un énorme transfert successoral dans les prochaines décennies.
Estimée à 9 000 Mds € d’ici 2040 (soit 3 fois la dette française), cette « grande transmission » risque de profondément impacter l’économie des familles et des entreprises.
Le flux successoral annuel passera de 464 Mds € en 2025 à 677 Mds € en 2040. L’État a perçu 16,6 Mds € de droits de successions en 2023, ce chiffre pourrait dépasser 30 Mds € en 2040.
Il est donc important de s’y préparer, comme nous vous l’expliquons dans le numéro d’
AMPHITÉA magazine 124.