Benoît Fortin, Responsable Régional de l’Épargne Patrimoniale AG2R LA MONDIALE en Île-de-France, détaille les trois intérêts de l’assurance-vie : civil, fiscal et économique.

Benoît Fortin, Responsable Régional de l’Épargne Patrimoniale AG2R LA MONDIALE en Île-de-France
L’engouement des Français pour l’assurance-vie est-il toujours aussi vif ?
Oui. L’assurance-vie représente un tiers du patrimoine financier des Français, avec un encours qui a dépassé les 2 000 milliards € !
On a l’habitude de la présenter comme le couteau suisse des placements financiers. Pourquoi ?
L’image est bien choisie, car si on la voit le plus souvent comme un moyen d’échapper à l’impôt, elle présente bien d’autres avantages. En fait, son intérêt réside dans un triptyque civil, fiscal et économique.
Commençons par l’aspect civil…
C’est la possibilité de déroger aux règles de la dévolution successorale, autrement dit de transmettre son argent à qui l’on veut : conjoint, concubin, enfants, petits-enfants, neveux, nièces, ou encore tiers. Sans toutefois franchir la limite que constitueraient des primes versées manifestement excessives, dans le but de contourner la part réservataire de l’héritage.
Concernant l’aspect fiscal, où en est-on avec les débats sur le budget de l’État 2025 ?
Il semblerait que l’assurance-vie échappe aux mesures concernant l’épargne, notamment la hausse de 1,4 % des prélèvements sociaux qui va frapper, par exemple, le Plan d’Épargne Retraite*. Mais rien n’est sûr tant que le budget n’aura pas été voté par le Parlement…
En l’état actuel des choses, la fiscalité de l’assurance-vie bénéficie toujours d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire et d’une taxation à 20 % au-delà de cette somme pour les versements effectués avant 70 ans. L’encours moyen des assurances-vie étant de 31 900 €, cette fiscalité très avantageuse concerne donc un très grand nombre des 50 % de Français âgés de 50 à 69 ans qui sont titulaires d’un contrat.
Précision importante : le conjoint ou le partenaire de Pacs ne paient aucun droit de succession sur une assurance-vie, quel que soit son montant. L’objectif est donc d’orienter le contrat vers le bénéficiaire qui va payer le plus de droits.
« L’intérêt de l’assurance-vie réside dans un triptyque civil, fiscal et économique »
Quid de l’aspect économique ?
Si l’assurance-vie est le véhicule de l’épargne, son moteur de performance, autrement dit son rendement, dépend de ce que l’on veut y placer et du degré de risque que l’on est prêt à prendre. Et en la matière, le choix est vaste ! On peut opter pour des fonds hypersécurisés, comme les fonds euros, sans aucun risque de perte en capital, les fonds monétaires ou de performance absolue, offrant un niveau de risque de 1 à 2 sur une échelle de 7, ou s’orienter vers les pays émergents, l’or, le marché américain… avec un niveau de risque allant de 5 à 7.
Peut-on aussi choisir des fonds socialement responsables ?
Donner un sens à son épargne est en effet l’une des grandes motivations des titulaires d’assurance-vie. Dans ce domaine, notre groupe AG2R LA MONDIALE a été l’un des précurseurs depuis 25 ans, bien avant que la loi Industrie verte nous oblige à proposer à nos clients une allocation 100 % Investissement Socialement Responsable.
Quels conseils donnez-vous à vos clients en matière de clause bénéficiaire ?
On connaît bien la clause standard pour désigner comme bénéficiaire « mon conjoint, ou à défaut mes enfants ». On connaît aussi la clause nominative, qui permet de désigner tout autre bénéficiaire.
Mais on parle beaucoup moins de la clause à option, peu utilisée, bien que très intéressante ! Elle consiste à désigner le conjoint, mais en précisant qu’il pourra choisir ce dont il aura besoin au moment où le contrat sera soldé en sa faveur.
Concrètement, il pourra choisir un pourcentage, entre 0 et 100 %. Cette transmission à la carte tient compte du fait que les besoins évoluent selon l’âge et la situation financière de la personne. Si, par exemple, le conjoint survivant estime que 50 % de la somme lui suffit, les 50 % restants seront directement transmis aux autres bénéficiaires désignés.
On voit que la clause bénéficiaire est aussi importante que l’allocation des actifs pour orienter au mieux l’assurance-vie vers ceux qui vont payer moins de droits et/ou qui auront le plus besoin d’argent.
* Interview réalisée le 15 décembre 2025
Cas concret
Benoît Fortin a reçu un jour une cliente qui souhaitait donner un appartement à ses neveux et nièces via un testament devant notaire. « Fiscalement parlant, c’eut été une catastrophe, explique-t-il, puisqu’ils auraient payé 55 % de droits sur la valeur du bien, qu’ils auraient dû vendre pour les payer. Mon conseil a été de vendre l’appartement et d’investir les fonds dans une assurance-vie. Au décès de la cliente, âgée de moins de 70 ans au moment du versement, les bénéficiaires bénéficieront chacun de l’abattement de 152 500 € et ne paieront que 20 % de droits au-delà de cette somme. L’assurance-vie est un outil puissant pour transmettre son patrimoine ! »