Ingénieur patrimonial AG2R LA MONDIALE, Sonia Fillion présente trois outils de transmission : l’assurance vie, le contrat de capitalisation et le PER.

Sonia Fillion, Ingénieur patrimonial AG2R LA MONDIALE
Quel est le rôle d’un ingénieur patrimonial chez AG2R LA MONDIALE ?
Il intervient généralement sur recommandation d’un conseiller du réseau qui a détecté chez un client un besoin de placer une somme d’argent, en principe supérieure à 300 000 euros. En deçà de ce montant, c’est un responsable régional d’épargne patrimoniale (RREP) qui intervient. Lorsque le client est un chef d’entreprise, l’ingénieur patrimonial peut aussi travailler avec un spécialiste de la transmission d’entreprise de notre offre de service TEO.
Ce qui fait la spécificité de notre métier chez AG2R LA MONDIALE, c’est que nous sommes multifonctions, contrairement à ce qui se passe dans une banque, par exemple, où l’ingénieur patrimonial travaille en sous-marin, au service du banquier privé, sans voir le client.
Concrètement, lorsque j’ouvre un dossier, je suis mon client en direct, de A à Z, depuis l’état des lieux, le diagnostic, les recommandations, la souscription du contrat, mais aussi le suivi du contrat tout au long de sa vie.
« On peut utiliser le PER comme outil de transmission, en le prolongent au-delà de sa retraite. »
Quels sont les produits que vous proposez à vos clients ?
Principalement l’assurance vie et le contrat de capitalisation. Le principal avantage de l’assurance vie en matière de transmission est que les sommes versées avant 70 ans donnent droit à une exonération fiscale de 152 500 euros par bénéficiaire et à une taxation de 20 % au-delà de cette somme.
Moins connu, le contrat de capitalisation ne s’arrête pas au décès de son titulaire et est transmis aux héritiers avec son antériorité fiscale, assurant une continuité dans le patrimoine.
Mais attention, il s’agit alors d’un actif de succession comme un autre, soumis aux droits de succession, sauf pour le conjoint survivant. Pour éviter cet écueil, on peut démembrer le contrat. Le titulaire en garde l’usufruit, ce qui lui permet de percevoir les intérêts, et les enfants en deviennent nus-propriétaires.
L’intérêt fiscal de l’opération dépend de l’âge du titulaire au moment du démembrement. Plus on donne tôt, plus l’exonération fiscale est grande.
Le conjoint survivant qui hérite d’un contrat de capitalisation peut continuer à le faire fructifier, ou prélever des fonds, via des rachats partiels, sans impact fiscal, par exemple pour payer une maison de retraite, financer une dépendance…
Le Plan d’Épargne Retraite ne fait-il pas aussi partie de vos solutions ?
Oui, le PER a une vocation patrimoniale et on peut l’utiliser comme outil de transmission, si on décide de le prolonger au-delà de sa retraite. Mais cette démarche est intéressante si on a un conjoint, lequel sera exonéré de droits de succession.
Car si le titulaire du PER meurt après ses 70 ans et qu’il n’a pas de conjoint, ce sont ses enfants qui recevront le capital, sur lequel ils paieront des droits de succession.
En l’état actuel de la législation*, un PER peut donc être utilisé, en faveur de son conjoint, comme un complément d’une assurance-vie, destinée aux enfants.
Existe-t-il d’autres « astuces » en matière de transmission du patrimoine ?
On connaît mal le droit de renonciation qui permet au bénéficiaire de premier rang d’un contrat d’assurance vie, de se désister en faveur du ou des bénéficiaires de deuxième rang. Cette démarche est intéressante si le bénéficiaire du contrat n’a pas besoin d’argent, car s’il accepte le bénéfice du contrat, l’argent va entrer dans son capital et lorsqu’il décèdera, ses enfants devront assumer la fiscalité.
Vous avez deux fois évoqué l’âge de 70 ans comme un âge charnière…
En effet, cet âge de 70 ans conditionne beaucoup de choses et il ne faut pas attendre de s’en approcher pour penser transmission de patrimoine.
Plus globalement, il est indispensable d’anticiper, alors que beaucoup de gens se posent des questions trop tard… On ne se voit pas vieillir, encore moins partir… l’heure tourne et on risque de laisser passer le coche !
*Interview réalisée le 1er décembre 2025.